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15 de juny de 2011

La Charte fondatrice des Banques Alimentaires européennes a 25 ans




Il y a 25 ans cette année qu’a été créée la Fédération Européenne des Banques Alimentaires a partir d’une charte fondatrice que doivent souscrire toutes les banques alimentaires. Au bout de 25 ans, on constate que ses principes demeurent d’actualité car on a prévu correctement l’évolution future de la société. A ce sujet, il est intéressant de vérifier l’adéquation des 6 points les plus importants.

1. Un modèle original: lutter contre le gaspillage.
La principale innovation des Banques Alimentaires a été de lutter contre le gaspillage, à une époque où on n’en parlait pratiquement pas dans toute l’Europe. Justement maintenant, c’est à la mode : lors de la dernière Berlinale, le prix du meilleur documentaire a été attribué à “Taste the waste” http://www.tastethewaste.com/  . Même la FAO dans sa dernière étude sur “les pertes et gaspillage d’aliments” Interpack 2011, parle du gaspillage de plus de 1.300 millions de tonnes d’aliments, parmi lesquelles 20% correspondent à des aliments élaborés.

2. Donner,  en refusant la suprématie de l’argent.
Les Banques Alimentaires exigent  la gratuité des dons tout au long de la chaine de solidarité : pour les dons des entreprises, pour la distribution aux entités caritatives et  finalement pour le don juste et équitable à ceux qui souffrent de la faim. Mais il faut aussi demander des aides et des dons d’argent à tous les acteurs de la société, mais seulement pour couvrir les dépenses de gestion et les investissements nécessaires afin d’obtenir de nouvelles sources d’aliments pour couvrir la demande, actuellement croissante en temps de crise, des plus démunis.

3. Partager : une exigence pour connaitre la réalité.
Afin de mieux lutter contre la pauvreté, il faut en connaitre les différents visages puisque chacun d’eux nécessite une attention différenciée. Les problèmes des jeunes enfants, ceux des familles monoparentales, ceux des malades, ceux des veufs(ves), ceux des immigrants, et tant d’autres, doivent être traités de manière spéciale. L’objectif n’est pas la seule distribution d’aliments, l’objectif est de résoudre les problèmes des personnes, de leur donner un coup de main afin de les faire sortir de la pauvreté.

Du point de vue commercial, les entreprises alimentaires, appliquent déjà et toujours plus la même technique. Pour vendre, il ne suffit plus de faire des études de marché ou enquêtes et statistiques qui ne traduisent pas la réalité du marché. Il faut collaborer avec les consommateurs et résoudre ainsi leurs problèmes dans leur alimentation quotidienne.  
 
4. Les collectes publiques permettent de faire partager les problèmes de la pauvreté. 

La collecte est toujours un acte d’humilité pour celui qui demande. La collecte d’aliments pour donner aux plus démunis honore les Banques Alimentaires et ne demander que de la nourriture, leur donne un caractère d’originalité qui les différencie des autres organisations. Les collectes populaires permettent à tous les citoyens de participer et partager la lutte contre la pauvreté. Le geste de chaque personne qui apporte des aliments, même si ce n’est qu’un kilo, représente une option personnelle, une adhésion et un appui de la société à l’action que nous sommes en train de mener. C’est aussi une action de protestation, et un avertissement aux Gouvernements sur les problèmes de la pauvreté. En même temps, elle représente non seulement une indignation, dirions-nous aujourd’hui, mais aussi une réponse et une proposition d’un nouveau modèle d’action dans lequel la société civile participe a la solution de ses problèmes. L’action de formation et aussi de collecte d’aliments dans les écoles représente une volonté d’agir tout de suite, mais le plus important est de préparer les nouvelles générations pour un futur plus solidaire et responsable.



5. Le bénévolat à la base de l’action des banques alimentaires.
Toutes les religions et les différentes philosophies ont toujours été historiquement sensibles aux problèmes dont elles souffrent. La société, les gens et les individus ont toujours été disposés à fournir un apport personnel à la solution des problèmes des plus démunis. Le défi de construire le modèle des Banques Alimentaires sur une action essentiellement bénévole leur donne une valeur ajoutée d’altruisme. Au début, ça peut en ralentir l’implantation, mais finalement cela produit une croissance exponentielle, lui donne un développement durable sur le long terme et le renforce comme une alternative à d’autres solutions plus onéreuses. Si un des principes fondamentaux est de lutter contre le gaspillage, en ce cas il s’agit du gaspillage des personnes. La société où nous vivons est injuste et gaspille des personnes pleines de connaissances et d’expérience: elle les met en retraite anticipée, ou en retraite ou les envoie au chômage quand elle pense ne plus en avoir besoin alors qu’elles sont en pleine période de créativité. En travaillant pour une cause juste, les bénévoles non seulement se sentent utiles personnellement, mais représentent aussi une quantité de personnes qui décident d’opter pour l’action, face au conformisme, en donnant ce qui est le important: leur temps, une partie de leur vie.

6. La spécialisation dans la distribution d’aliments a atteint un haut niveau de professionnalisation.
La société actuelle est l’affaire de spécialistes. La limitation volontaire des Banques Alimentaires aux seules collecte et distribution d’aliments à des entités sociales n’a permis de couvrir qu’un petit maillon de la chaine de solidarité mais a atteint un haut niveau de professionnalisation.
A ce jour, les Banques Alimentaires se situent, dans beaucoup de pays d’Europe, comme la principale organisation de “lutte contre la Faim Maintenant et Ici”, constituée par des personnes provenant d’horizons humain ou spirituel divers. 

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Personnellement, je voudrais féliciter toux ceux qui ont participé à la rédaction de la Charte fondatrice des Banques Alimentaires et exprimer ma sympathie personnelle pour Bernard Dandrel, le premier président des Banques Alimentaires européennes, qui va savoir lancer un nouveau modèle de lutte contre la pauvreté, en intégrant les plus démunis à la société. Bernard Dandrel a su saisir l’avenir en proposant une utopie qui, 25 ans après, a démontré “que la solidarité peut être un moteur de l’économie”.
En cette période de crise, c’est aussi le moment d’exiger que les Gouvernements  soutiennent de ce modèle original. La requête qu’ont faite les Banques Alimentaires espagnoles en vue de l’augmentation des dégrèvements fiscaux pour ceux qui collaborent à cette action, n’est pas seulement une demande juste mais également une proposition qui permettra de consolider un nouveau modèle à bas coût, basé sur la participation de la société civile à la solution des problèmes sociaux. 
Mais dans tous les cas on doit défendre la charte des Banques alimentaires car comme dit La Fontaine dans Le vieillard et les trois jeunes hommes” : que j’ai en français et en catalan (unique langue dans laquelle il existe une version, totale, fidèle, bilingue et en vers de toutes les Fables de La Fontaine).
Mes arrière-neveux me devront cet ombrage
Eh bien! Défendez-vous au sage
De se donner des soins pour le plaisir d'autrui ?
Cela même est un fruit que je goûte aujourd'hui
J'en puis jouir demain, et quelques jours encore ;
Je puis enfin compter l'aurore
Plus d'une fois sur vos tombeaux.»

Jordi Peix

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